Pollution au mercure en Valais, Suisse

Pollution au mercure en Valais, Suisse

En janvier 2014, le Haut-Valais a découvert ce qui semble être la pire pollution par le mercure à ce jour dans l’histoire de la Suisse. C’est à l’occasion des travaux effectués pour la construction de l’autoroute A9, que des analyses des sols sont effectuées et révèlent une grave pollution.

 Chronologie

De 1930 à 1976, une quantité non identifiée de mercure a été déversée dans la plaine du Rhône. Plus précisément, au cours de cette période, Lonza – une entreprise suisse active entre autres dans la chimie – a déchargé ses eaux usées dans le Grossgrund Kanal sans les faire passer au préalable par une usine de traitement des eaux usées. Le mercure s’est accumulé dans les sédiments du canal, et de 1930 à 1990, de nombreuses personnes – notamment des agriculteurs locaux – ont déposé la boue contaminée à divers endroits.

En 1990, l’Etat du Valais a réglementé l’utilisation des sédiments sur les terres agricoles et privées mais il n’y a eu aucune enquête supplémentaire.

En 2007, lorsque le Service de la protection de l’environnement a publié le plan cadastral des sites pollués dans le canton, le Grossgrund Kanal et ses environs n’apparaissaient pas. Enfin, lorsque des travaux ont été effectués pour la construction de l’autoroute A9 en 2010, les sols ont été analysés ; l’analyse a révélé une grave pollution. Le service de protection de l’environnement du canton du Valais a envoyé – le 17 janvier 2011 – une lettre à l’Office fédéral de l’environnement (OFEV) pour les informer de la découverte. En septembre 2011, le canton du Valais a demandé à Lonza d’enquêter. Cette demande a été acceptée par la société en décembre 2012.

En 2014, lorsque la presse a révélé l’affaire, tous les regards se portent sur Lonza, le pionnier de la chimie dans le Haut-Valais, et son site à Viège – une des zones industrielles les plus anciennes et les plus importantes pour la chimie en Suisse.

 Mercure et santé

Les estimations concernant le degré de pollution varient selon les experts, mais tous s’accordent à dire que la concentration maximale de mercure autorisée dans les zones habitées – 2 à 5mg/kg – a été largement dépassée.
Lonza s’est proposé de préfinancer – volontairement – l’identification et l’assainissement des zones identifiées comme contaminées dans la région de Turtig, tout en réfutant sa responsabilité dans la pollution des parcelles.

L’exposition au mercure, même à de petites quantités, peut causer de graves problèmes de santé et constitue une menace pour le développement de l’enfant in utero et à un âge précoce.
Le mercure peut avoir des effets toxiques sur les systèmes nerveux, digestif et immunitaire, et sur les poumons, les reins, la peau et les yeux.
Il est considéré par l’OMS comme l’un des dix produits chimiques ou groupes de produits chimiques extrêmement préoccupants pour la santé publique.

Il existe plusieurs moyens de réduire l’exposition humaine aux sources de mercure :

  • Promouvoir l’utilisation de sources d’énergie propres ne faisant pas appel à la combustion du charbon ;
  • Éliminer l’extraction minière du mercure et l’utilisation de cet élément dans l’extraction de l’or et dans d’autres procédés industriels ;
  • Éliminer progressivement l’utilisation des produits non essentiels renfermant du mercure et mettre en œuvre des pratiques sans risque pour la manipulation, l’utilisation et l’élimination des produits contenant du mercure restants.

 Quelles responsabilités ?

Cette affaire pose la question de la responsabilité. Quelle est celle de Lonza ? Celle des autorités valaisannes et fédérales ? Celle des agriculteurs ayant déposé les sédiments en divers endroits ? Ce questionnement rejoint celui d’Hans Jonas, dans son ouvrage Le principe responsabilité. Une éthique pour la civilisation technologique.

Sources :

Pour en savoir plus :

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